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S’engager sur une voie

10 octobre 2024 Pas de commentaires

Dans la vie, nous avons toutes et tous certaines aspirations, personnelles et/ou professionnelles. La vie est un parcours initiatique en soi qui nous offre quotidiennement des expériences pour apprendre et évoluer.

Dans certaines cultures, existait et existe encore, des parcours initiatiques qui doivent être vécus, par une personne jeune de préférence, pour apprendre l’expérience de la vie et lui apporter une plus grande maturité.

Il existe d’ailleurs un Ordre très connu et encore très actif, celui de la Franc-maçonnerie qui s’établit dans cette démarche d’une société initiatique et philosophique, dont on ne sait pas trop bien remonter ses origines.

On trouve aussi des récits, dans la littérature (Une vie de Guy de Maupassant, Vingt mille lieux sous les mers de Jules Verne, ou plus contemporain, L’alchimiste de Paul Coelho …), dans la cinématographie (L’auberge espagnole de Cédric Klapisch, Thelma et Louis de Ridley Scott…), dans la peinture (quelques œuvres de Paul Gauguin lors de son voyage en Amérique, particulièrement lors de son séjour en Martinique), les mythes et légendes…

On trouve parfois le terme de « rite de passage » dans certaines cultures, comme en Grèce ancienne, chez les Amérindiens, chez les Zoulous d’Afrique du Sud, au Japon ou encore dans la culture juive …. La liste peut être est longue. Tout rite de passage, explique Arnold Van Gennep (ethnologue français) dans « Les rites de passage »-1909 première édition, comporte trois temps : préliminaire, liminaire (c-à-d « sur le seuil ») et post-liminaire. Gennep traduit aussi cela du point de vue de l’acteur lui-même : passage d’un état antérieur (séparation), d’un entre-deux (la marge) et d’une agrégation (nouvel état).

Que l’on parle de parcours initiatiques ou de rites de passage, ces voies visent à accélérer le processus d’évolution naturel de la Vie. Car dans la vie de tous les jours, que ce soit en partenariat professionnel, en couple, en liens sociaux, toutes rencontres et partages sous-tendent à nous faire évoluer.

Exemple de Rite de passage contemporain Seijin Shiki, Japon : marque le passage à l’âge adulte (rite lié à la religion Shinto dont l’origine remonte environ au VII s.)

Vous pouvez visionner une courte vidéo sur Youtube des trois étapes des Rites de passage

J’imagine que dans une société « idéale », là où la peur et les traumatismes ne se développeraient pas, nous ne serions probablement pas confrontés à des épreuves inconfortables, à rencontrer nos blessures non digérées, à faire face à nos conditionnements personnels, avec nos craintes et nos peurs. Bon, nous ne vivons pas dans ce type de société, alors acceptons de regarder ce qui se trame en nous pour trouver de nouvelles ressources et s’élever au-dessus de certaines limitations.

En empruntant la voie du yoga, on peut aussi être amenés à faire ce choix de s’engager pour se rencontrer, en prenant conscience de nos limitations et de nos peurs pour développer de nouvelles forces et passer à un autre niveau de compréhension de soi et de notre place dans la vie.

Ce que j’apprécie particulièrement dans la voie du yoga, c’est son aspect instinctif car le yoga découle du bon sens. Les êtres humains se sont mis à explorer toutes leurs dimensions en yoga, et qui plus est, toujours en lien avec le référentiel de la Nature et du rythme cosmique. C’est une science qui tend à la bonne santé de l’être humain par des exercices en tous genres et qui concerne, comme je le disais plus haut, toutes nos dimensions (physique, mentale, émotionnelle, énergétique, spirituelle).

La voie du yoga nous guide dans une prise de conscience de soi au-delà de ce que l’on peut imaginer dans notre contexte sociétal actuel. C’est une science à part entière qui prône l’attention à soi et au maintien de notre état de santé, dans sa globalité.

Jiddu Krishnamurti (1895-1986 penseur indien qui prônait une éducation alternative) a dit ceci :

Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale que d’être bien adapté à une société malade

Certaines pratiques de yoga sont très avancées et peuvent susciter de la curiosité voire de l’étonnement. L’engagement profond et sincère sur la voie du yoga est une véritable transformation intérieure. Ceci n’est compréhensible que par la personne pragmatique, qui met en œuvre les enseignements du yoga. Ce chemin peut être plus ou moins éprouvant pour chaque personne (relatif au vécu et au passé de tout à chacun), d’où l’importance d’une attention affinée sur soi. La vie est faite, comme le dit l’expression populaire, de hauts et de bas, et en yoga aussi nous pouvons découvrir parfois des hauts et des bas. Mais l’avantage que procure la mise en pratique des enseignements du yoga est son essence même, c’est-à-dire le développement de la conscience qui s’éveille à nos limitations mentales actuelles et à notre asservissement aux organes des sens et qui nous offre la possibilité de réduire les écarts entre ces hauts et ces bas, pour nous maintenir dans un meilleur état d’équilibre et augmenter nos potentiels. La Vie n’est qu’un jeu d’équilibre qui tend à s’équilibrer constamment au gré des différentes forces qui interagissent ; il en va exactement de même pour nous, en tant qu’individus à part entière, et en tant qu’individus dans la conscience collective du groupe.

La mise en pratique du yoga a été codifiée d’une certaine manière pour transmettre ces connaissances et ces savoirs aux plus grands nombres et sans perdre sa structure. Ainsi, cette structure se retrouve rédigée dans le manuel des Yoga-sutra de Patanjali et elle est construite de telle manière que les deux premiers aphorismes expliquent d’emblée le dessein de la voie du yoga :

  1. Atha yoganusasanam : Maintenant voici l’enseignement traditionnel sur le yoga.

Ceci place le lecteur, l’étudiant, directement dans le contexte. Il s’agit d’entrer dans le vif du sujet teinté d’un accent d’une certaine importance pour placer un cadre.

  • Yogah citta vrtti nirodah : Le yoga est la faculté de diriger les activités du psychisme.

Le domaine privilégié du yoga concerne donc « l’esprit » : il vise à réduire les causes de souffrances humaines par la pacification du mental et la découverte de soi pour une connaissance de nous-mêmes plus juste et plus précise.

S’engager sur cette voie peut parfois bousculer notre état intérieur car nous découvrons et explorons notre nature humaine, telle qu’elle est réellement, c’est-à-dire au moment où nous nos tournons vers l’intériorité. Ceci étant, nous apprenons ainsi à voir et à appréhender des situations sous un nouvel angle de perspectives. N’oublions pas de citer le troisième aphorisme qui donne tout son sens à cette démarche introductive :

  • Tada drastuh svarupe avasthanam : Alors, « le principe de conscience » s’établit en sa vraie nature.

À ce stade de l’état de yoga, l’esprit ne déforme pas les perceptions car le plan profond de l’individu est en relation directe avec le monde extérieur, sans aucuns filtres mentaux.

Faire chemin sur la voie du yoga, en fonction de ses ambitions (cf art. quelles ambitions en yoga ?), peut être un engagement profond en soi. Cela requiert de la patience, de la persévérance, de l’assiduité, de la confiance, parfois du courage, une certaine volonté, et une foi….car le yoga est indissociable de la sacralité de la Vie.

Il m’est arrivé plusieurs fois sur ce chemin de m’interroger quant à ma capacité de continuer, mais à chaque fois, l’appel intérieur, l’élan de vie, est plus fort et me ramène sur le chemin, car comme le disait BKS Iyengar :

« Le yoga est une lampe qui, une fois allumée, ne s’éteint jamais »

BKS Iyengar en Marichyasana 3

Sur ce chemin, j’ai vu évoluer ma pratique en accord avec les découvertes faites sur moi-même et en résonance avec les besoins fondamentaux lorsqu’il y avait nécessité de s’adapter et de modifier certains aspects de la pratique. Et je sais qu’elle continuera de se transformer et d’évoluer.

Je n’ai aucune idée jusqu’où me mènera la voie du yoga ou si je cheminerais cette voie toute ma vie durant (mais probablement), et comme on peut l’entendre très souvent, ce n’est pas la destination qui importe mais le chemin que l’on fait…ceci dit, nous sommes tout de même bien d’accord que nous souhaitons le bonheur  🙂 …..donc si le chemin est agréable, c’est d’autant mieux !

Je vous ouvre une nouvelle fois l’espace de mon cœur pour vous raconter mon vécu expérimental du cheminement actuel que je vis ; j’ose entrer de plus en plus profondément dans mes blessures du passé et je rencontre de fortes émotions qui remontent à la surface, comme des bulles qui étaient emprisonnées dans le sable au fond du lac et qui viennent éclater à la surface pour délivrer un message. Je me surprends à me laisser pleurer de plus en plus régulièrement car cela m’aide à me libérer de ces blessures et à libérer une émotion sans la juger, et j’en éprouve le grand besoin. Je découvre une telle fragilité intérieure que cela peut être déroutant, et en même temps, je sens bien que c’est toute la beauté de la vie en nous : découvrir cette fragilité m’ouvre aussi de plus en plus à la délicatesse de l’être, aux émois que l’on peut avoir en regardant d’autres personnes, en voyant leur propre beauté intérieure, en regardant la beauté intrinsèque de mère Nature, sous toutes ses formes, minérales, végétales, animales ! Lors d’une balade, l’esprit libre et accueillant, j’ai rencontré un caillou qui me révélait son magnifique cœur. Je pense que l’expression avoir le cœur dur comme une pierre n’est pas appropriée….

Sur ce chemin de la voie du yoga, je vous témoigne que j’observe actuellement la façon dont les mécanismes automatiques du mental s’effritent peu à peu ; la sadhana que je pratique maintenant depuis quelques années et que j’ai intensifiée ces derniers mois me fait ressentir les transformations progressives du fonctionnement du mental. Cela requiert d’être très attentif, c’est-à-dire conscient à chaque instant de ce qui se trame en soi. J’ai débuté cette étude et cette observation de mon être il y a bien des années déjà et j’acquiers de plus en plus de précision et d’éveil. Cela m’offre la possibilité de « voir » la façon dont se jouent ces mécanismes de la construction psychique. Il m’arrive de ressentir par moments avec précision les modifications dans les circuits neuronaux du cerveau, la perception de nouvelles connexions qui se met en place. C’est une sensation électrique qui se manifeste lorsque des changements profonds opèrent au sein de la psyché. Toute cette sensibilité s’est développée au gré du temps et de la pratique constante et persévérante, à travers les émois des expériences parfois intenses que j’ai vécues. Sadhana signifie « outil, instrument ». Ce sont donc des moyens utilisés dans notre vie pour avancer vers des possibilités sans cesse renouvelées. Vous pouvez trouver quelques exemples de ces « outils » que je mets personnellement en pratique dans l’article « Sadhana ». Je communiquerai d’ailleurs régulièrement à travers les newsletters que je rédige une sadhana à pouvoir mettre en place dans le quotidien et dont vous pourrez peut-être vous inspirer pour votre propre avancée.

Il y a dans la Vie, deux énergies fondamentales et primordiales : la Peur et l’Amour. Toutes deux font partie du jeu cosmique de l’univers et l’une ne va pas sans l’autre, c’est Ombre et Lumière. Mais nous avons le choix de décider laquelle peut prédominer dans notre vie personnelle dans ces fluctuations constantes et les changements permanents !! Toutefois, comme l’une ne va pas sans l’autre, nous ne pouvons pas savoir exactement ce qu’est la Lumière si nous n’avons pas expérimenté l’Ombre, et inversement.

Ombres et Lumières

Je sais que par le jeu des circonstances qui ont fondées et constituées le début de ma vie, le sentiment de peur à rapidement émergé et prédominait dans mon inconscient. J’en prends la réelle mesure à ce jour et je remercie cette voie du yoga d’être venue à moi en quelque sorte, par l’appel de l’âme qui attire à elle ce dont elle a besoin, car au fond de nous-mêmes, nous aspirons à la vraie Liberté. Nous savons que le temps nous est compté et notre âme cherche à se libérer et à se rapprocher au maximum de la Source de la Vie en s’allégeant de nos poids. Vous qui lisez cet article et suivez peut-être aussi les quelques cours que j’anime, je vous suis infiniment reconnaissant d’être là et de m’apporter (certainement sans le savoir jusque là mais maintenant vous le savez !) votre soutien par vos belles présences, et ensemble d’échanger nos énergies pour nous aider mutuellement à évoluer, à grandir. Je vous transmets des enseignements qui m’ont été transmis, et vous m’offrez la joie et le bonheur de vous voir souriants, et de vous voir repartir l’esprit clair et emplis à la fois de détente et de vitalité. Merci pour tout cela.

« Rien dans la nature ne vit pour lui-même. Les rivières ne boivent pas leur eau. Les arbres ne mangent pas leurs fruits. Le soleil ne brille pas pour lui-même. Vivre les uns pour les autres est la loi de la nature »

Auteur inconnu (extrait d’un roman de Maud Ankaoua)

Que le yoga (ou une autre voie) guide vos propres pas dans la confiance et la sérénité, et vous offre de merveilleuses expériences de vie, enrichissantes et inspirantes.

Puissions-nous ensemble trouver l’harmonie et la paix.

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